Le livre du mois (Octobre 2014)

« Le Livre retrouvé » de Simha Guterman

Voici un récit de septembre 1939 à mars 1941 de la vie des juifs au ghetto de Plock en Pologne. Le manuscrit de ce livre a été retrouvé par hasard au fond d’une cave dans une bouteille scellée après trente six années. Ce n’est qu’un des manuscrits qui avaient été cachés au cours de la guerre. Les autres ont été perdus.

Le livre raconte le quotidien des juifs au ghetto. Les souffrances, la faim, l’errance, les arrestations, les évasions et la mort sont l’ordinaire de leurs jours. Les allemands et les polonais sont particulièrement violents et belliqueux envers eux. L’écriture y est vécue comme un acte de résistance contre l’oubli au cœur de l’invraisemblable.

Le récit est précédé d’un texte de Nicole Lapierre qui en est la co-traductrice. Elle nous conte l’histoire de la découverte du manuscrit, des tentatives de le traduire à partir du yiddish et de le faire connaître au monde. De nombreuses étapes ont jalonné ces retrouvailles avec le texte. A chaque étape il y eut un passeur qui participa au sauvetage.

On découvre ensuite le témoignage du fils de Simha Guterman concernant les écrits de son père. Il nous retrace ses conditions de vie pendant la seconde guerre mondiale. Il dit ensuite comment il s’est installé en Israël et raconte sa vie de pionnier. Il nous apprend comment il a perdu son fils au cours de la guerre du Liban.

Il montre combien la mort de son père et celle de son fils se font face le laissant au centre d’une douleur irrémédiable. Une lettre qu’il a écrit à certains dirigeants israéliens et qui fut publiée dans la presse du pays clôt son récit.

A la fin du livre un texte de Nicole Lapierre réfléchit à la Traversée des Générations, et elle apporte des éclaircissements aux deux textes : celui de Simha Guterman et celui de son fils.

Ce témoignage poignant de la vie au ghetto, contient toute la douleur de la shoah, les injustices, les violences faites aux juifs ; mais aussi de beaux éclairs d’humanité : des justes ont risqué leur vie pour sauver quelques habitants.

Quelque part dans le texte, quelques phrases s’adressent aux musiciens et aux philosophes qui ont fait la culture allemande. Elles disent à quelle point cette beauté de l’art n’a été que vaine et impuissante, à combattre le mal.

Ce livre est paru en 2001 aux éditions 10/18. Il ne figure plus au catalogue.

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