Archives de l’auteur : Nicole

Flagornerie

Nom féminin.

De « flagorner » avec le suffixe « -erie ». L’origine de « flagorner » est
obscure. Il a été rapproché de l’ancien français « flageoler » au sens
de babiller, plaisanter, dire en bavardant, tromper, piper. On a aussi songé à
un croisement de ce mot avec
« corner » qui signifie planter des cornes à quelqu’un ou à un
croisement de « flatter » avec « corner » (aux oreilles).

1- Généralement au singulier. Caractère d’une personne, qui flatte
bassement, avec insistance et de façon souvent intéressée.

Par exemple: »si l’on excepte un million soustrait à la liste civile,
et que vous avez octroyé avec la plus basse flagornerie (…). Gustave
Flaubert, L’Education sentimentale, 1869.

2- Par métonymie (la partie désignant le tout) au singulier et au
pluriel. Action ou attitude qui manifeste de la flatterie basse et
désintéressée.

Par exemple: »Leurs naïves flagorneries l’irritaient, (…). » François
Mauriac, Le Mystère Frontenac, 1933.

Haver

Verbe transitif.

Mot du dialecte wallon et de Liège, d’origine obscure. Il est
peut-être issu d’un radical qui est une des formes du verbe allemand
« hauen » qui signifie abattre, entailler, de l’ancien franque « hauwa » à
rapprocher de « houe », de l’ancien haut
allemand « houwa », du nouvel haut allemand « haue » qui signifie piocher
ou du néerlandais « schaven » qui signifie racler, plutôt que du latin
« excavare » qui signifie creuser,
dérivé de « cavare » à rapprocher de caver.

La forme escaver, extraire en creusant est empruntée à l’italien « scavare ».

Dans le langage de la mine et des carrières. Entailler et abattre la
roche selon la technique du havage, c’est-à-dire parallèlement à sa
stratification. .

Par exemple: »haver le minerai. »

Maie

Nom féminin.

Du latin « magis, magidis » qui signifie pétrin, du grec « magis,
magidos » qui signifie pâte, sorte de pain; plateau rond de balance,
pétrin.

Doublet savant du latin « magida, magidae » qui signifie grand plat pour
servir à table.

Histoire du mobilier. Grand coffre rustique à couvercle plat, souvent
monté sur pieds, dans lequel on pétrissait le pain et où parfois, on
le conservait.

Par exemple: »elle pense l(…) à a maie qui est vide, au fourneau qui
est froid. » Maurice Genevoix, Raboliot, 1925.

Technologie. Table du pressoir en bois ou en fonte, destinée à
recevoir le raisin.

Par exemple: »la maie du pressoir. »

Saumée

Nom féminin.

De l’occitan « saumada » qui signifie charge d’une bête de somme.
dérivé de « sauma » avec le suffixe -ada.

Histoire. Ancienne mesure d’arpentage.

Par exemple: »La saumée provençale est un tonneau de chêne ayant la
capacité de contenir 110 litres de vin. » Vin. Vigne, Guide des vins et
des vignes en France.

Annone

Nom féminin.

Emprunté au latin « annona » qui signifie récolte de l’année mais aussi
approvisionnement public.

1- En histoire romaine. Ensemble des produits alimentaires de première
nécessité et particulièrement le blé, réunis dans les greniers publics
et destiné à subvenir pour une année aux besoins fondamentaux de la
population romaine.

2- Administration chargée de l’approvisionnement des greniers publics,
de la vente à bas prix ou de la distribution gratuite des vivres à la
population romaine.

Par exemple: »Le préfet de l’annone est le fonctionnaire chargé de ce service. »

Baylon

Nom masculin.

Dérive de « bayle » forme méridionale de « bail », désignant le
gouverneur, l’administrateur, auquel on a ajouté le suffixe -on. Le
« bail » est le déverbal de « bailler », qui, en ancien français, signifiait
action de livrer, remettre.

Syndic ou administrateur des anciens quartiers juifs au Moyen-Âge, en
Provence. Il était chargé de la collecte des impôts, de la charité,
des malades et de l’enseignement.

Par exemple: » (…) les élections du conseil de douze membres et des
baylons chargés d’administrer la communauté. » Communauté juive
d’Avignon, 1561-1810, in « Archives départementales du Vaucluse. »

Gipon

Nom masculin.

Autre forme de « jupon ». Dérivé de « jupe » avec le suffixe -on. Le mot
« jupe » est emprunté à l’italien du Sud, « jupa » qui signifie veste
d’homme ou de femme d’origine orientale. Lui-même emprunté à l’arabe « gubba »
qui signifie veste de dessous.

1- Dans le langage du corroyeur c’est-à-dire de celui qui apprête les
cuirs et les peaux. Sorte de houppe, morceau de laine qui set à
appliquer la cire, l’huile et le suif sur les peaux.

2- Au Moyen-Âge. Corsage de femme généralement lacé sur le côté ou
pourpoint d’homme, doublé et rembourré, qui pouvait se porter sous
l’armure.

Par exemple: »(…) avec un gipon de Damas et des chausses d’écarlates
(…) ». Henri Béraud, Le Bois du Templier Pendu, Les Editions de
France; 1926.