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Ghetto

Nom masculin.

Du vénitien « ghetto » qui signifie fonderie.

Le « ghetto de Venise » était à l’origine le quartier assigné aux juifs
par le gouvernement vénitien. Ce quartier qui était le quartier de
Cannaregio était auparavant occupé par une fonderie.

Ce mot fut utilisé pour la première fois en 1516. Il devint rapidement
synonyme de quartier juif.

1- A la Renaissance en Italie, quartier assigné aux juifs.

2- Pendant la Seconde Guerre mondiale, quartier où les Nazis
regroupaient les juifs, le plus souvent avant de les exterminer.

Par exemple: »Le ghetto de Varsovie. »

3- Par extension, toute agglomération d’habitants d’origine juive dans
une ville moderne.

Par exemple: « Josefov est le ghetto de Prague. »

4- Par extension, quartier dans lequel se trouve une forte
concentration d’une minorité ethnique culturelle ou religieuse, par
choix ou par contrainte.

Il s’y ajoute une connotation de difficultés sociales, de misère, de
ségrégation dans un environnement dégradé.

Par exemple: « Ce quartier est un ghetto. »

Camus

Adjectif variable en genre et en nombre.

Masculin singulier : camus. Pluriel: camus

Féminin singulier: camuse. Pluriel: camuses

Étymologie

L’étymologie de ce mot reste obscure:

1- Dérivation à travers l’ancien provençal « camus » qui signifie au
figuré niais. Du gaulois « kamusio » composé du radical celte « kam » qui
signifie courbé et du suffixe gaulois « -usio » fréquent dans les anthroponymes.

2- De ca- et -muse qui se rapporte à l’italien « muso » et au français
« museau » mais cette hypothèse ne rend pas compte de l’antériorité de
l’ancien occitan,

Ca- n’existant pas dans cette langue en tant qu’élément formateur de mot.

3- Selon d’autres sources il a été rapproché de l’italien « camoscio »
et de l’espagnol « camusa » qui signifie chamois.

Le chamois et la chèvre peuvent être dits camus.

4- Avec le sens de « nez écrasé » composé de ca- et « mousse » qui
signifie émoussé. L’ancien français a « moussé » qui signifie camus,
« mois » qui signifie niais, sot et « camoser », « chamoisier » qui signifient écraser.

Significations

A- Se dit de qui a le nez court et aplati.

Par exemple: » Un pauvre homme, laid, camus, chauve. » Fénelon

B- Se dit de certains animaux.

Par exemple: « Un cheval camus est un cheval dont le chanfrein offre une
espèce d’enfoncement. »

Par exemple: »Une carpe camuse a un rudiment de museau. »

« Camus » est aussi l’autre nom du dauphin.

C- Au figuré. se dit de qui est embarrassé, interdit, penaud;

« Rendre un homme camus » signifie le réduire à ne savoir que dire.

Par exemple: « Cette rencontre inopportune la laissa camuse. »

Arroi

Nom masculin.

Déverbal de l’ancien français « areer » qui signifie arranger, ordonner.
Issu du latin « arredare » qui signifie pourvoir de provisions, composé
soit de la préposition latine « ad »

et du radical du gotique « reps » qui signifie provisions correspondant
à l’ancien haut allemand « rât » qui signifie ressources disponibles,
vivres, issu de l’ancien saxon « râd » qui signifie aide bénéfice,
de « râês » qui signifie avis, utilité.

1- Dans un sens vieilli. Appareil ou train ou équipage d’une personne
d’importance.

Par exemple: » L’arroi des attelages du roi composé de calèches et de chevaux. »

« Être en mauvais arroi » signifie être en mauvaise posture.

Le mot « désarroi » dérivé de « arroi » signifie dérangement, désordre.

Epagneul

Nom masculin.

L »épagneul est le plus ancien descendant du « chien d’Oysel ou chien
d’oiseau ». Il fut décrit par l’écrivain Gaston Phébus.

Deux étymologies sont proposées pour ce mot.

Selon certaines sources « épagneul » serait la substantivation de
(chien) espagnol, c’est-à-dire chien originaire d’Espagne. Le suffixe
-eul qui a donné épagneul, est la francisation de la forme première.

Selon d’autres sources, « épagneul » serait une déformation du vieux
verbe français « s’espagner » ou « s’espeignir », qui signifiait se
coucher sur le sol. En effet, l’épagneul est un chien d’arrêt:
Il s’arrête devant le gibier pour permettre sa capture grâce
à un filet.

En zoologie, race de chien d’arrêt ou de chien de compagnie. à poils longs.

Par exemple: « L’épagneul fait partie du groupe 7 (chiens d’arrêt) ou
du groupe 9 (chiens d’agrément) selon la classification de la société
centrale canine ou SCC. »

Lavallière

Adjectif des deux genres.

Du nom du duc de Lavallière, collectionneur et bibliophile.

1- Terme de reliure. Se dit de ce qui est d’une couleur brun clair,
tirant sur la feuille morte.

Par exemple: « Un maroquin lavallière. »

2- Terme d’habillement. Cravate lavallière ou par ellipse une
lavallière. Cravate souple et large à nœud flottant.

Par exemple: »…le naturel qu’il y avait dans ses cravates lavallières
toujours flottantes. » Marcel Proust

Faonner

Verbe transitif du premier groupe.

Prononciation: \fa.ne\. « aon » a la valeur de « a » dans un mot où le « n »
est doublé.

De « faon » issu de l’ancien français « feün », « foün » qui signifie petit
d’animal, issu du latin vulgaire « feto, fetonis » petit d’animal. A
rapprocher du latin classique « fetus »[ fœtus].

Mettre bas son faon, en parlant des biches, des chevrettes ou des
femelles de chevreuil.

Par exemple: »La biche a faonné dans la nuit. »

Nastie

Nom féminin.

Du grec « nastos » qui signifie compact, solide.

En biologie végétale. mouvement, des feuilles et des fleurs d’un
végétal, déclenché par un facteur externe, indépendant de la
croissance du végétal.

On distingue:

L’autonastie qui est un mouvement sans cause connue.

La nictynastie qui est le mouvement lié à l’alternance des jours et des nuits.

La photonastie qui est le mouvement lié à la lumière.

La séismonastie qui est le mouvement lié à un choc.

La thermonastie qui est le mouvement lié à la température.

Par exemple, ces mouvements peuvent être:

– A la tombée du jour:

La fermeture des pétales du bouton d’or.

L’arrêt du mouvement des feuilles pour certaines légumineuses.

Le repli des feuilles chez une espèce de Mimosa.

– Aux changements de températures.

L’ouverture des pétales à la chaleur pour la tulipe ou le crocus.

Le botaniste Linné et son fils avaient déduit de l’observation de ces
phénomènes, une véritable « Horloge Florale » qui reliait l’ouverture et
la fermeture de certaines fleurs à des heures précises.
Par exemple à 5 h la renoncule s’ouvre, à 7 h le nymphéa s’ouvre.

Mais ce concept était peu fiable puisque ces mouvements dépendaient
aussi de la température et de la latitude à laquelle ces fleurs se
trouvaient.

On peut remarquer que ce phénomène ne doit pas être confondu avec
« l’héliotropisme », que subissent des tournesols, qui est la variation
de l’orientation des feuilles pour suivre la lumière.